En ce matin brumeux, je me réveille la tête dans les nuages. Mon rêve, même éveillé, n’est apparemment pas encore terminé. 

Ainsi, mes songes me viennent en mémoire, d’abord par petites bribes, pour ensuite arriver tout entièrement. Durant toute cette belle nuit, je me suis égarée dans la vallée des fées. Telle Wendy dans le dessin animée Peter Pan, je vole au-dessus de leur royaume. Je me sens reconnectée enfin à la nature grâce à ce peuple de lumière qui m’a fait l’honneur de me révéler leur secret du bonheur.

 Leur secret est simple et d’une évidence pure. Il se résume en plusieurs petits actes anodins. Les fées utilisent chaque jour leur cœur pour leur amie Mère Nature. Elles plongent leurs petites mains brillantes dans la terre, elles parlent aux plantes en leur disant des mots d’amour, elles enlacent les arbres lorsqu’ils subissent l’automne, pour les réconforter et leur donner la force nécessaire à cette époque de l’année. Elles caressent les minéraux et les remercient pour leurs bienfaits quotidiens. Leur secret est de croire au pouvoir de la nature et de lui donner une parfaite confiance. Leur secret est de comprendre l’énergie qui les lie à chacun de ces êtres vivants. Elles aident, chaque jour, chacun des animaux qui donnent leur premier souffle à Gaïa. Tout ce qu’elles touchent, tout ce qu’elles font, est uniquement en lien avec la nature. Elles ne vont pas chercher d’autres moyens de substitutions, elles ne créent pas de besoins superficiels. 

En ce matin brumeux, je ne rêve que de nature et de forêt. Je décide alors soudainement de mettre mon manteau, mes bottes et mon bonnet. Et je me mets à marcher d’un pas sûr et confiant en direction de la forêt. 

Je respire. 

Je remarque un endroit isolé, en hauteur, qui donne une vue improbable et mystérieuse sur la vallée. 

Je respire.

Je m’assieds sur l’herbe humide.


Je respire.

La brume blanche et opaque ne me laisse pas entrevoir ces magnifiques champs cette fois-ci. J’accepte ce mystère offert par la nature.

Je respire.

J’accueille en mon intérieur ce qu’elle me présente. 

Je respire

D’un coup d’un seul, je me sens nue, je me sens pure. Mes cheveux suivent le mouvement du vent. Je n’ai plus froid et je ne sens plus la pluie fine de ce matin de novembre.

Je respire.


Je sens mon âme se séparer de mon corps. Je la vois qui commence à monter tout doucement. Puis, elle s’accélère, elle monte encore plus haut, toujours plus haut. Je freine ma peur, mon angoisse de cette expérience particulière. Je pense à Mère Nature en qui j’ai donné toute ma confiance. 

Je respire.

Me voilà maintenant dans l’univers. Je vois les planètes, les étoiles. Je vois du mouvement, de la vie dans cet endroit si impénétrable. Je vois les connexions entre chacune d’entre elles, je vois les énergies et les interactions qu’elles s’offrent mutuellement.  

Je respire.

Alors, je comprends ce qu’est réellement l’univers. Je comprends ce qu’est ne faire qu’un. 

Je comprends alors ce que c’est que de se connecter vraiment à la Nature. 

Je comprends alors ce que c’est que l’unicité, l’univers. 

Je respire.

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