Comme déjà évoqué dans le dernier article, la peur est un mécanisme de défense que nous nous créons pour nous protéger d’un danger. Il n’est pas important que ce danger soit réel ou imaginaire : lorsque nous ressentons cette émotion forte, le danger est assimilé comme vrai, et vécu comme réel. Pour nous, il est réel, et le cerveau le prend comme réel. Nous perdons notre subjectivité et notre rationalité dans la peur.

La peur est naturelle et universelle. Initialement, elle nous était très utile pour nous sauver face à un prédateur qui nous voyait comme sa proie. Aujourd’hui, l’origine de notre peur est totalement diverse : elle peut être liée à une ancienne interdiction, ou à un manque de confiance en soi, ou bien, elle peut être liée à une expérience précédente mal vécue, liée à l’inconnu et l’imprévisibilité, et enfin il peut s’agir de peurs existentielles. 


Notre mentalisation, nos questionnements quotidiens, ont pris le dessus sur notre instinct, nos impressions et notre savoir inné.  

Vivant actuellement une période de peur très intense liée à la création de ma société (autrement dit ici la peur de l’inconnu, de l’imprévisibilité), il me semblait intéressant de partager cette expérience avec vous. Cette émotion n’est pas linéaire et n’est (heureusement !) par présente toute la journée. Parfois, elle sait se taire et nous laisser en paix. Parfois elle résonne d’autant plus fort que nous ne savons plus agir en toute rationalité.

Une précieuse amie, que je ne remercierai jamais assez, m’a expliqué que je ne devais pas fuir cette peur, mais bien l’écouter. Étant une personne très visuelle, j’aime me l’imaginer, lui donner une forme. En ce qui me concerne, elle devient un nuage gris qui parfois veut faire sortir de la pluie, tellement la peur me rend triste. Pour d’autres personnes qui sont plus kinesthésiques (dans le ressenti du corps), elle peut prendre une vibration particulière, une émotion (quelle en est l’intensité ? est-ce qu’il y a des picotements ? où est localisée cette vibration ?). Pour d’autres encore qui sont plus auditives, cette émotion peut devenir un son (aigüe ? grave ? fort ?). Il est possible aussi de lui rajouter une odeur et un goût particulier, afin de renforcer cette sensibilité. Chacun, à sa propre manière, peut prendre un temps à soi pour parler à ses émotions. 

Vous pouvez donc vous demander en quoi cela est utile ? Cela est très utile pour rendre plus humaine cette émotion. Le fait de se l’imaginer, de se la représenter et de lui parler, elle devient ainsi plus accessible. Elle devient réelle, maniable. En donnant une forme, un son, une vibration à une émotion, vous prenez rendez-vous avec elle et vous la comprenez. En la comprenant, vous pouvez communiquer avec elle. Elle a certainement des choses à vous apprendre sur vous-même.

Peut-être pouvez-vous trouver un accord avec elle pour qu’elle soit toujours présente, mais qu’elle le soit à des moments plus opportuns, plus adéquates ?

Je vous laisse désormais sur cette réflexion, je dois négocier avec mon petit nuage pour qu’il aille s’envoler plus loin.


Je vous souhaite une excellente et belle journée ! 

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